La convention de reclassement personnalisé (CRP) permet aux salariés visés par une procédure de licenciement économique de bénéficier, après la rupture de leur contrat de travail, d'un ensemble de mesures favorisantleur reclassement accéléré.
La CRP est proposée par les entreprises de moins de 1000 salariés et les entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire (quel que soit le nombre de salariés) ayant engagé une procédure de licenciement économique avant le 1er septembre 2011. Depuis cette date, ces entreprises proposent un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) aux salariés concernés.
À noter : dans certains bassins d'emploi, les entreprises ayant engagé une procédure de licenciement économique avant le 1er septembre 2011 proposent, à la place de la CRP, un contrat de transition professionnelle (CTP).
La CRP est proposée aux salariés dont le licenciement est envisagé. Ceux-ci doivent justifier d'une ancienneté d'au moins 2 ans chez le même employeur et être physiquement aptes à l'emploi.
Cependant, tout salarié ayant moins de 2 ans d'ancienneté peut également bénéficier de la CRP, s'il justifie de droits à l'allocation de retour à l'emploi (ARE). Dans ce cas, le bénéfice de la CRP entraîne les conséquences suivantes :
le montant de l'allocation versée au salarié durant la CRP est égal à celui de l'ARE,
la durée de versement de l'allocation ne peut excéder celle à laquelle il aurait pu prétendre au titre de l'ARE,
le salarié ne peut bénéficier de l'indemnité différentielle de reclassement s'il retrouve un emploi moins rémunéré que son emploi précédent.
Chaque salarié doit être informé individuellement et par écrit qu'il a la possibilité de bénéficier de la CRP en cas de procédure de licenciement économique.
Le salarié dispose d'un délai de réflexion de 21 jours à partir de la date de remise du document proposant la CRP pour accepter ou refuser une telle convention
Le délai est prolongé jusqu'au lendemain de la date de notification à l'employeur de la décision de l'autorité administrative compétente pour les salariés dont le licenciement est soumis à autorisation.
L'absence de réponse au terme du délai de réflexion est assimilée à un refus. Dans ce cas, le salarié a seulement droit à l'indemnisation par l'assurance chômage.
En cas d'acceptation du salarié, le contrat de travail est considéré comme rompu d'un commun accord (même si le salarié conserve la possibilité de contester le motif économique du licenciement), à la date d'expiration du délai de réflexion. La CRP prend effet dès le lendemain de la fin du contrat de travail.
Le salarié qui accepte une CRP bénéficie, dans les 8 jours suivant la date d'effet de la convention, d'un entretien individuel de pré-bilan pour l'examen de ses capacités professionnelles.
À l'issue de l'entretien de pré-bilan, des prestations d'accompagnement (suivi individuel, mesures d'orientation et d'accompagnement dans la recherche d'emploi, actions de formation, etc.) sont retenues d'un commun accord, et mises en place par Pôle emploi dans le cadre d'un plan d'action de reclassement personnalisé.
Dans le bassin d'emploi concerné, un correspondant issu d'une équipe de reclassement personnalisé est chargé de l'appui individualisé du bénéficiaire de la CRP.
Un document écrit précise les prestations fournies et formalise les relations entre le bénéficiaire de la CRP et Pôle emploi.
Le bénéfice de la CRP est interrompu dans les cas suivants :
lorsque le bénéficiaire refuse une action de reclassement ou qu'il ne s'y présente pas,
lorsqu'il refuse une offre d'emploi considérée comme valable,
lorsqu'il a fait des déclarations inexactes ou présenté des attestations mensongères en vue de bénéficier indûment de la CRP.
En cas d'interruption de la CRP, le bénéficiaire doit s'inscrire comme demandeur d'emploi.
Le bénéficiaire de la CRP perçoit une allocation spécifique de reclassement pendant toute la durée de la convention.
Lorsque, avant le terme de la CRP, le bénéficiaire reprend un emploi salarié dont la rémunération est inférieure d'au moins 15 % à celle de son emploi précédent pour la même durée de travail, il perçoit une indemnité différentielle de reclassement.
Le montant mensuel de cette indemnité est égal à la différence entre 30 fois le salaire journalier de référence servant au calcul de l'allocation spécifique de reclassement et le salaire brut mensuel de base de l'emploi repris.
Elle est versée mensuellement, dans la limite de 12 mois.
Le montant total versé est plafonné à 50 % des droits résiduels de l'intéressé à l'allocation spécifique de reclassement.
Tout bénéficiaire d'une CRP qui, au terme de cette convention, est toujours à la recherche d'un emploi peut bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) dès son inscription comme demandeur d'emploi, dans la limite de ses droits, sans délai de carence ni différé d'indemnisation.
La durée d'indemnisation au titre de l'ARE est réduite du nombre de jours indemnisés au titre de l'allocation spécifique de reclassement.
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